Quels diagnostics immobiliers sont obligatoires ?

9 min de lecture

Le vendeur doit remettre à l'acquéreur un dossier de diagnostic technique. C'est le seul document du dossier de vente qui décrit l'état physique du logement, et c'est aussi celui que les acheteurs parcourent le plus vite. Il mérite mieux : chaque ligne peut représenter plusieurs milliers d'euros de travaux.

Ce que contient le dossier

Le dossier de diagnostic technique regroupe les constats qu'un vendeur doit fournir. Sa composition varie : elle dépend de l'année de construction, de la commune, du type de chauffage et du mode d'assainissement.

Aucun logement ne réunit la totalité de ces diagnostics. Un appartement récent en centre-ville n'aura ni termites, ni assainissement individuel ; une longère de 1900 les cumulera presque tous.

Les principaux diagnostics et ce qu'ils révèlent
DiagnosticConcerneCe qu'il révèle
Performance énergétiquePresque tous les logementsConsommation et émissions, de A à G
AmianteBâtis d'avant juillet 1997Présence de matériaux amiantés
PlombBâtis d'avant 1949Peintures au plomb, risque de saturnisme
TermitesZones déclarées par arrêtéInfestation du bois de structure
ÉlectricitéInstallations de plus de 15 ansAnomalies de sécurité
GazInstallations de plus de 15 ansFuites, ventilation, raccordements
ERPToutes les zones à risqueRisques naturels et technologiques
AssainissementLogements non raccordésConformité de l'installation individuelle
Les principaux diagnostics et ce qu'ils révèlent

Les diagnostics qui coûtent cher

Tous ne se valent pas. Trois d'entre eux peuvent transformer le budget d'une acquisition, et ce sont ceux qu'il faut lire en premier.

  • L'amiante : sa présence n'interdit pas la vente, mais tout percement, toute dépose ou tout chantier ultérieur devient une opération encadrée, avec des entreprises spécialisées et des coûts sans rapport avec des travaux ordinaires.
  • L'électricité : un tableau sans mise à la terre, sans différentiel adapté, ou des circuits vétustes conduisent à refaire l'installation. Sur une maison entière, le chantier est lourd et salissant.
  • L'assainissement non collectif : une installation jugée non conforme doit généralement être reprise dans un délai d'un an après la vente, et la facture se compte en milliers d'euros. C'est le diagnostic le plus souvent négligé par les acheteurs.

Vérifier la validité

Chaque diagnostic a sa propre durée de validité, et elles ne coïncident pas. Un dossier constitué il y a trois ans pour une première mise en vente peut être partiellement périmé quand le bien retrouve preneur.

Deux points se vérifient en quelques secondes : la date de réalisation figurant sur chaque rapport, et la certification du diagnostiqueur, dont le numéro est vérifiable auprès de l'organisme certificateur. Un rapport établi par un professionnel non certifié n'a aucune valeur juridique.

Comment les lire concrètement

Un dossier de diagnostic se lit en trois passes, dans cet ordre. La méthode évite de se perdre dans des rapports qui font parfois cent pages.

  1. 1Repérer les conclusions. Chaque rapport comporte une synthèse d'une page : commencez par elles, jamais par le détail technique.
  2. 2Lister les anomalies, sans les hiérarchiser encore. L'objectif est l'inventaire, pas le jugement.
  3. 3Faire chiffrer. Un artisan établit un devis à partir des anomalies relevées ; c'est ce devis, et non le rapport, qui a un poids en négociation.
  4. 4Vérifier les dates de validité de chaque pièce.
  5. 5Croiser avec ce que vous avez vu en visite. Un diagnostic ne voit pas tout : il ne monte pas sur le toit et n'ouvre pas les cloisons.

Les limites du dossier

Un diagnostic est un constat visuel réalisé sur ce qui est accessible le jour de la visite. Le diagnostiqueur ne démonte rien, ne sonde pas les murs et n'accède pas à ce qui est encombré. Une cave pleine de cartons ou des combles fermés restent des zones grises.

Le dossier ne dit rien non plus de la structure du bâtiment, de l'étanchéité de la toiture, de l'état des menuiseries ou de l'humidité. Pour ces points, seul un homme de l'art mandaté par vous se prononcera — et sur un bien ancien à rénover lourdement, cette dépense est le meilleur investissement de tout le projet.

Le vocabulaire, en clair

Les termes employés dans ce guide, expliqués sans jargon.

DDT
Dossier de diagnostic technique : l'ensemble des diagnostics remis à l'acquéreur.
ERP
État des risques et pollutions. Il recense les risques naturels, miniers et technologiques auxquels la parcelle est exposée.
Anomalie
Un constat de non-conformité relevé par le diagnostiqueur. Il informe l'acheteur mais n'impose pas de travaux au vendeur.
Assainissement non collectif
Le traitement des eaux usées par une installation individuelle, lorsque le logement n'est pas raccordé au tout-à-l'égout.
Diagnostiqueur certifié
Un professionnel dont la certification est vérifiable. Un diagnostic établi par un non-certifié n'a aucune valeur.

Questions fréquentes

Qui paie les diagnostics ?+

Le vendeur. Ils font partie des obligations d'information qui pèsent sur lui, et leur coût reste à sa charge, y compris si la vente n'aboutit pas.

Que se passe-t-il si un diagnostic manque ?+

Le vendeur ne peut pas s'exonérer de la garantie des vices cachés sur le point concerné. C'est une protection réelle pour l'acquéreur, mais elle suppose une action après la vente : mieux vaut obtenir le document avant.

Peut-on négocier à partir d'un diagnostic ?+

Oui, et c'est l'un des arguments les plus solides qui soient, à condition de le chiffrer. Une anomalie électrique accompagnée d'un devis se défend ; la même anomalie évoquée sans montant ne pèse rien.

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